Brindas "hors de France",
la "légende"et autres étranges réputations...
Un peu d'HISTOIRE
LOCALE :
A l'origine, Brindas aurait
été considéré "hors de France" parce
qu'au 13e siècle, les terres de Brindas appartenaient aux
chanoines comtes du chapitre de Lyon, et échappaient ainsi
à l'autorité du Roi de France...
Ainsi par exemple, en Septembre 1286, le sieur Barthélémy de Poliac qui avait fait bâtir une maison forte sur le domaine des Ostaux (les Hoteaux d'aujourd'hui) se vit intenter un procès par ces chanoines comtes de Lyon car il osait arborer les armoiries du Roy de France.
L'isolement engendré par l'enclavement géographique du village (vallées assez profondes de l'Yzeron et du Garon) n'est sans doute pas pour rien non plus dans ces "légendes". Certes, on a bien du mal à imaginer cela aujourd'hui alors que la circulation automobile devient de plus en plus saturée, mais les principales routes n'ont été créées qu'au XIXe siècle. Brindas allait seulement alors pouvoir sortir de son isolement et de son archaïsme !
Assez près de nous, les
dictons, sarcasmes et quolibets tendant à singulariser, voire
à ridiculiser notre chère commune fleurissaient encore
dans la région lyonnaise :
Du genre...
"Ma parole, tu viens de Brindas" (= Tu es un simple d'esprit)
"Si tu n'es pas contente, tu n'as qu'à aller à Brindas" (menace du mari à sa femme pour la calmer !)
"Les jeunes mariés qui n'ont pas d'argent font leur voyage de noce à Brindas" (sans commentaires)
"Tu joues comme à Brindas" (ce qu'on disait au mauvais joueur, aux boules comme aux cartes)
Il faut savoir qu'au début du XIX e siècle, on comptait pas loin de 200 ha de vignes à Brindas, soit presque 1/6e de la superficie totale ! Surface en vigne qui allait considérablement se réduire suite à des accidents météorologiques surtout (orages de grêle dévastateurs en juillet, forts gels au printemps...)
D'après "le Littré de la Grande Côte : "Vin de Brindas = mauvais vin, Brindas village renommé pour la fâcheuse qualité de son vin". A preuve :
"Quand les grives mangent les raisins de Brindas, elles vont crever à Chaponost" (= 4 km plus loin).
"Brindas, ce pays ravitaillé par les corbeaux" (village effectivement pauvre et difficile d'accès autrefois)
Même encore jusqu'aux années 60 (1960 !), les gens de
Lyon et des environs répétaient ce genre de quolibets
sur Brindas, sans bien savoir pourquoi d'ailleurs (parce que quand on
disait "tu devrais aller à Bron" on savait que c'était
lié à l'asile psychiatrique, mais pour
Brindas ??).
Ainsi Monsieur Jean Emiel (maire de la commune de 1945 à 1971, un homme très intègre à l'allure gaullienne) racontait sa petite mésaventure avec un membre de la maréchaussée lyonnaise :
Pour quelque broutille, il s'était fait
apostropher près du Pont de l'Université par un agent
de la circulation et celui-ci se montrait incrédule :
- Alors vous prétendez que vous venez de Brindas ?
- Effectivement, Monsieur l'Agent, et non seulement je viens de
Brindas, mais je suis le Maire de Brindas.
Ce qui n'eut d'abord pour effet que de faire
monter la colère de l'Agent :
- Ne vous foutez pas de moi, ou alors gare à la contravention
!
Il fallut que le Maire montrât ses papiers et expliquât qu'il n'avait nullement l'intention de porter atteinte à l'autorité pour que son représentant se calmât enfin.
(Anecdote relatée par Gaston Bensan dans la Chronique du Vieux Brindas de 86, mais qu'on avait aussi personnellement entendue racontée par M. Emiel lui-même).
S.D.